Parmi tous les bateaux traditionnels de rivière qui, après avoir atteint l’apogée de leurs formes, disparaissent rapidement au profit d’autres types, le Kusha est le seul bateau qui mute pour s’adapter à la modernité. Ce bateau est en train de remplacer toutes les autres catégories de navires traditionnels. Indubitablement, son succès lui vient de la simplicité de ses lignes et de la facilité de le construire et de l’assembler. Le Kusha est un bateau aux formes développables : son fond et ses bordés sont des surfaces planes plus ou moins courbées pour ouvrir l’espace intérieur. Aucun arrondi ne vient augmenter le travail du charpentier et de ce fait, ce bateau requiert moins de temps pour sa construction que ses concurrents qui demandent de chauffer les planches des bordés pour les former aux lignes élégantes qui les caractérisent. Contrairement à ses collègues de rivière, le Kusha n’est pas construit en « bordés premiers » avec des agrafes mais en suivant la méthode des bateaux de mer et ceux de l’occident. Le charpentier commence par construire son squelette sur lequel il viendra clouer les planches des bordés.

Il s’est adapté à tous les besoins. Les charpentiers ont fait évoluer sa taille de 4 m jusqu’à 30m. Il peut transporter une dizaine de passagers de l’autre côté de la rivière ou plus de cent à travers l’immensité du Brahmapoutre. Sa vitesse s’accorde à la largeur que lui donne le constructeur. Il y a même eu des Kushas de course et des Kushas « house boats » dans lesquels vivent les gypsies.

Enfin, le Kusha sait utiliser d’autres matériaux que le bois ! Cette évolution a débuté lorsqu’après avoir construit ses structures les charpentiers ont trouvé un autre matériau, moins cher, plus léger et plus facile à installer que les planches. C’est ainsi que les Kushas de « Tin » (fine tôle de fer blanc de moins d’un millimètre d’épaisseur) ont proliféré, emportant dans leurs flancs plus d’une centaine de passagers dont nombre d’entre eux ne savent pas nager… Puis sont arrivées les tôles et les cornières d’acier en même temps que l’électricité et l’appareil à souder.

Le Kusha a franchi le pas et des unités entièrement métalliques d’encore plus grande capacité ont vu le jour. Celles-ci sont souvent utilisées pour transporter le sable de remblaiement prélevé au fond des rivières. Mais ce n’est pas terminé car Watever, étudie aujourd’hui un nouveau matériau à base de bambou pour produire des planches imputrescibles qui seront utilisées pour la construction navale. Et bien entendu c’est le Kusha qui prêtera ses flancs à ce nouveau matériau qui devrait voir le jour rapidement.

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